16/02/2020

Et le silence fait du bruit

S'occuper... mais de façon intelligente, en réfléchissant aux essentiels qui manquent à mon dressing et que je serais capable de coudre.

En fouillant chez F., j'avais déniché un coupon de velours côtelé d'un superbe vert forêt.
J'ai d'abord voulu en faire un sac, mais je n'en ai pas besoin. A l'inverse, je commence à sérieusement manquer de jupes basiques.

J'ai trouvé ce patron, assez simple, mais avec poches, braguette, surpiqures... Un must-have !
C'est ma première braguette : elle n'est pas parfaite, ça déconne un peu au niveau de la ceinture, mais le coupon étant pile-poil, je n'ai pas pu refaire... (je n'ai pas non plus fait les poches arrière, par goût et par manque de tissu !)
Les poches sont doublées en chutes de jean, et j'ai ajouté une petite étoile à griffes en guise de finition/déco au-dessus de l'ourlet.

Le patron est vraiment bien, j'ai hâte de faire une autre version ! Reste à choisir quel tissu du stock va y passer.




Patron Christelle Coud

08/02/2020

Rien ne s'oppose à la nuit

Ça commence avec une porte dans le mur en face de mon lit.
Elle n'est ni vraiment visible, ni vraiment sécrète. Elle est là, blanche et moche. (et débouche sur un mini-cagibi, coincé dans le mur de la cage d'escaliers, qui me sert de placard à culottes, chaussettes et sacs à mains...)
Je l'ai laissée telle quelle un certain temps, puis je l'ai habillée d'un beau papier peint à motifs "cadres".
Petit à petit j'ai ajouté des photos, des dessins, des morceaux de tissus...



Finalement, j'ai tout enlevé.

Et depuis quelques années, les cadres me regardent.


La découverte des dessins d'Aude - Trois petits riens m'a d'abord entrainée dans une phase de tee-shirts brodés, puis j'en ai fait un que j'ai accroché dans "l'atelier", et peu à peu l'idée est née.





J'ai commencé par la dame au jean troué, à qui j'ai mis des lacets métallisés.






J'ai gardé le truc : une touche de brillant dans chaque dessin. Il y a donc les lacets, le chouchou et enfin le pull.





Je voulais aussi des mots sur ce mur. La phrase s'est imposée : pour Bashung, pour Delphine de Vigan, pour sa sonorité, pour tout en fait...





J'ajouterais bien du Prévert, mais je n'arrive pas à me décider...
Le temps que je choisisse, ce sera sûrement pour un autre projet.

27/01/2020

Captive

En pleine crise d'ennui, j'ai lancé un bonnet pour ma collègue Chloé qui avait bien aimé celui que je m'étais fait (photo en bas de l'article).

Quitte à m'occuper, j'ai aussi lancé la rédaction d'un tuto pour ledit bonnet !

Laine Led Adriafil (en gris pour elle et noir pour moi)


Pour une bonnet adulte taille S (52 à 60cm de tour de tête) :

Matériel :
- 160m de fil se tricotant en aiguilles 4 [échantillon 21x29]
- aiguilles 3 ET 4 en double-pointes ou circulaires avec grand câble (100-120cm) pour faire du magic-loop
- 1 anneau marqueur
- aiguille à laine


Points employés :
- côtes 1/1
- point de riz


Construction :

- monter 100 mailles avec les aig. 3
(de préférence en montage élastique type "rolled edge cast on", très bon tuto-vidéo d'Encre Violette)
- placer un anneau marqueur pour indiquer le début du rang
- tricoter en rond 12 rangs en côtes 1/1 (environ 2cm)
- changer pour les aig. 4
- tricoter les deux premières mailles ensembles pour obtenir 99m
- continuer en point de riz
- tricoter 45 rangs (environ 20cm au total)
- début des diminutions tous les 3rangs en suivant le motif
     - R46 : 9m *2m.ens, 2m.ens 11m* répéter de * à * 6fois (restent 87m)
     - R49 : 9m *2m.ens, 2m.ens, 9m* répéter de * à * 6fois (restent 75m)
     - R52 : 9m *2m.ens, 2m.ens, 7m* répéter de * à * 6fois (restent 63m)
     - R55 : *2m.ens, 2m.ens, 5m* répéter de * à * 7fois (restent 49m)
     - R58 : *2m.ens, 2m.ens, 3m* répéter de * à * 7fois (restent 35m)
     - R61 : *2m.ens, 2m.ens, 1m* répéter de * à * 7fois (restent 21m)
     - R64 : 1m *2m.ens, 2m.ens, 1m* répéter de * à * 4fois (restent 13m)
     - R67 : 2m *2m.ens, 2m.ens, 1m* répéter de * à * 2fois, 1m (restent 9m)
- à l'aide de l'aiguille à laine, passer le fil dans les mailles restantes afin de fermer le bonnet.

Pour un bonnet plus looose, faire les diminutions tous les 4rangs (R46-50-54-58-62-66-70-74) voire tous les 5rangs (R46-51-56-61-66-71-76-81)

20/01/2020

There is a light that never goes out

Ma collègue Val avait beaucoup aimé mes jupes longues. Du coup, elle m'en a commandée une.

Le choix du tissu a été un peu dur puisque, comme moi, elle met souvent du noir ou du gris, et ne porte que très peu de motifs.
Mais Atelier Brunette a eu la bonne idée de sortir une viscose plumetis dans un beau ton "smokey" : ni vraiment vert ni vraiment gris, mais sobre, foncé et très joli !




Tissu "Dobby Smokey" Atelier Brunette

16/01/2020

J'entends des regards que vous croyez muets

Début janvier, sur Insta, j'ai découvert le Gang des Blogueuses Couture.
Une réflexion partagée, lancée par Mars-Elle, incluant 13 blogueuses couture -donc- pour redonner sens et vie à ces fameux blogs trop souvent délaissés dans la course folle aux likes.

Différents thèmes, et les premiers choisis : "pourquoi tu couds ?" et "pourquoi tu blogues ?".

J'ai commencé à étudier la chose, sans réel résultat. Et je me suis dis que -comme toujours- je ne serai lue que par les quelques amis qui me suivent et me connaissent, que je n'allais donc pas leur infliger un énième monologue analytique sur ma petite personne.

Et puis 2020 a décidé de débuter avec le décès de mon unique et si chère grand-mère.
Les réponses se sont alors imposées : je couds pour elle, je blogue pour elle.


Passées ces évidences, j'ai quand même eu envie de pousser un peu plus loin les réflexions.

J'ai lu une bonne partie des articles du GBC et certains, pour des raisons assez diverses, ont vraiment résonné en moi (notamment ceux de Chebiwoman, Avril sur un fil et Un chas).

Et j'ai eu envie d'écrire.
Je suis quelqu'un qui aime écrire. Mais dans ma tête.
Alors pourquoi bloguer si c'est pour ne rien écrire ?? J'y reviendrai.



"Dis Marion, pourquoi tu couds ?"

En premier lieu, pour faire comme tout le monde...

Il y a une dizaine d'années, je travaillais avec M. et A. Elles se cousaient des tenues qui m'émerveillaient, et les blogs couture pleuvaient. J'admirais le tomber de la jupe de l'une, le décolleté de la robe de l'autre, la finesse du Liberty... Et je me disais que c'était génial cette possibilité de FAIRE. Faire, vraiment, ce qu'on voulait, comme on voulait !
Alors j'ai suivi. J'ai acheté ma machine, et j'ai cousu.
Du japonais (très en vogue à l'époque) et du Liberty.
Mais un patron nippon te fait vite ressembler à un sac de tri de la Poste, et le Liberty coûte trop cher pour être gâché en bidouillages.


Du coup, je me suis concentrée sur autre chose : faire plaisir aux autres !
Je ne comprenais rien aux patrons Burda ? J'étais incapable de savoir quelle fringue me coudre ?
Et bien soit, et tant pis. Je me suis focalisée sur des petites pièces : un mélange éclectique de trousses, tapis à langer, chaussons en cuir, sacs, doudous ou autres turbulettes... Des choses à ma portée. Pas toujours aussi simples qu'elles le paraissaient, mais que je savais faire. Et j'offrais ! Chaque cadeau était unique et sur-mesure pour son destinataire. Personnalisé, choisi et réalisé avec soin et amour.
Et ça, ça rend fier !

Parce qu'un autre aspect important de mon rapport à la couture, c'est la fierté. Comme beaucoup.
Le bonheur d'avoir fait soi-même ! La jouissance de réaliser quelque chose de concret, créer.


Quand tu as un job intellectuel (au sens premier du terme), tu n'obtiens pas -ou peu- de résultats.
J'aime mon boulot d'enseignante mais il est très frustrant. C'est un travail de longue haleine dont tu ne récoltes que trop rarement les fruits : ces -futurs- citoyens que tu essaies de rendre un peu plus respectueux, responsables, cultivés et réfléchis.
Cette frustration, te bouffe. Me bouffe. Et si tu ne veux pas choper un ulcère ou te ruiner les ménisques à force de courir pour t'ôter cette frustration, alors il te faut trouver une activité annexe gratifiante et satisfaisante.
Aussi, j'ai un cerveau qui tourne à mille à l'heure, tout le temps. C'est fatigant.
Depuis toujours je passe des heures à lire, pour calmer et nourrir cette matière grise qui bouillonne sous mon crâne. L'alimenter d'autre chose que mes élucubrations quotidiennes, mes doutes permanents ou mes questions existentielles. La lecture me nourrit, me fait penser et me façonne mais elle ne m'apaise pas, ou du moins pas assez.
La couture permet d'occuper mes mains et, de fait, de canaliser mon énergie et dompter mon cerveau, au moins un temps.
En tout premier, la création de bijoux a joué ce rôle, puis la couture, et ensuite, le tricot et la broderie.

Et puis il y a les défis ! Travailler le cuir, coudre un manteau (oui, bon, taille 4ans...), réaliser une robe sans patron etc. Il m'est difficile, en couture comme dans la vie, de sortir de ma zone de confort, mais j'y travaille.
Toujours avec cette envie d'être fière, et de prouver que, même si je suis malhabile, brouillonne, maladroite et impatiente comme on me le répète souvent depuis que je suis gamine, je peux le faire !


Ces derniers temps, le tricot m'a apporté plus de satisfactions que la couture : je trouve que je progresse plus vite, plus facilement, et surtout je porte mes réalisations !
Mais c'est évidemment en lien avec ma garde-robe. Je suis de ces gens qui portent une espèce d'uniforme, un truc banal, qui se veut invisible donc rassurant. L'âge avançant, j'apprends à connaitre mes goûts (il était temps) et à moins déprécier mon corps. Je sais plus ce que je veux moi, et non ce que me dictent Insta et les blogueuses. Mais certaines d'entre elles m'ont aidée dans cette voie.
Je n'ai pas encore totalement franchi le pas et mon uniforme n'est pas encore 100% fait main, mais ça viendra.


Tu remarques, le retour malin sur les blogueuses et IG ??

Oui, on arrive à la deuxième question !



"Dis Marion, pourquoi tu blogues ?"

En premier lieu pour la mémoire. Avoir une trace visible de mes réalisations. Pas juste des photos sur un disque dur rangé dans un tiroir.

Ensuite, j'y reviens, pour ma grand-mère. N'habitant pas près d'elle, ce blog me permettait n'importe où, n'importe quand, de lui montrer tel pull, tel top, de lui demander si elle ne verrait pas cette jupe en version plus courte/longue, cette blouse plus ample/ajustée ? Elle a parfois été dure mais ses conseils ont toujours été justes.
Et puis la fierté dans ses yeux -malgré les critiques- n'avait pas de prix !


Parce que, bien sûr, le blog est là aussi à cause/grâce à l'envie de reconnaissance.
Tu crées, tu t'amuses, tu te fais plaisir, mais au fond de toi -c'est humain je crois- tu as envie de visibilité. Le gamin au fond de toi qui hurle "Et regardez, c'est moi qui l'ai fait !!" est toujours là.
Etant autodidacte, je ne me sentais pas légitime au sein de la blogosphère foisonnante. Je commentais parfois, principalement pour dire que je trouvais les réalisations jolies, mais ça s'arrêtait là. J'avais l'impression de ne pas avoir ma place dans cette communauté virtuelle où tout le monde semblait se connaître. Là encore, c'est un trait de mon caractère.
Mais le gamin qui gesticule dans tous les sens voulait vraiment qu'on le remarque... Et chacune de mes réalisations a une histoire.

Alors j'ai voulu raconter ces histoires. D'abord timidement ("une commande pour A.", "un cadeau pour S.") et puis la pipelette que je suis s'est un peu lâchée... Rien de vraiment technique (cf plus haut), mais un minimum d'explications, au moins perso.

Chaque titre d'article est inspiré d'un livre ou d'une chanson. En lien avec le récipiendaire, la période que je vis, parce que j'ai écouté la chanson en cousant ou parce que j'ai pensé à un jeu de mots débile en rapport avec la réalisation. Je n'ai pas commencé ce "jeu" en lançant le blog, mais il s'est vite imposé, la littérature (et dans une moindre mesure la musique) occupant une place bien trop importante dans ma vie.


Je disais précédemment que j'avais un souci d'appréciation de mon corps. Le blog me sert aussi à ça. Outre faire chier les copines (coucou Steph, Vir, Frédé, Nelly et les autres !), les shootings -doucement- m'apprennent à m'apprivoiser. Apprivoiser mon image et petit à petit, mon corps lui-même.


Voilà... Je crois que j'ai fait le tour.
Je reste malgré tout attachée aux likes/cœurs/pouces vers le haut, mais j'apprends à m'en détacher et à ne faire les choses que pour moi.
J'apprends peu à peu (doucement là encore) à me faire confiance...

Et à ne plus écrire que dans ma tête...






Pour lire les articles des fondatrices du GBC c'est par là !

- Anne : https://unchasunchas.com (@annouchk)
- Clémentine : http://mandarinecouture.com (@mandarinecouture)
- Clothilde : https://coutureandclo.wordpress.com (@couture_and_clo)
- Élodie: http://elodieblueberry.fr (@elodieblueberry)
- Helena : https://awinterneedle.wordpress.com (@winterneedle)
- Jessica : http://lavieennoeuds.com (@lavieennoeuds)
- Laurie : https://untresordansmonplacard.fr/category/diy (@un_tresor_dans_mon_placard_)
- Maëlig : https://defiledidees.wordpress.com (@defiledidees)
- Muriel : http://muetcompagnie.canalblog.com (@destoilesetdespois)
- Nathalie : http://www.atelier292.be (@atelier292.be)
- Perrine : https://augusteetseptembre.wordpress.com (@auguste_et_septembre)
- Rebecca : www.mars-elle.com/blog (@mars_elle_fabrics)



31/12/2019

Charlotte sometimes

Après les lingettes lavables, je me suis lancée dans des charlottes pour recouvrir les plats/bols/assiettes pour supprimer le film étirable ou l'alu.
Une couche d'Odicoat pour imperméabiliser, un élastique, et zou !


30/12/2019

Et que le vaste monde poursuive sa course folle

J'ai dansé avant de savoir lire ou d'avoir des lunettes, c'est dire si ça date !
Depuis trois ans, je danse avec Anna.
Oui mais voilà, Anna s'en va.
Pour la remercier d'avoir toujours su nous pousser, nous encourager, nous engueuler quand il le fallait, pour ses chorés, pour mon bras cassé, bref, pour la remercier de m'avoir bien fait kiffer, je lui ai brodé une de ses répliques préférées !
Phrase qui fonctionne pour la danse, et pour un peu tout dans la vie.