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08/06/2022

Famille

Ces derniers temps, je replonge en enfance à écouter JJG et Souchon à fond les ballons ! 
Peu de rapport avec le tricot me direz-vous... Au contraire ! 
Quand j'ai acheté ce fil alpaga-coton, je pensais en faire un basique, un pull Rainbow en version unie : quand nous étions ado, Julie avait un pull de ce style qui -bien qu'étant sien- était MON pull préféré. 
Il m'a fallu de nombreuses années pour définir mon style vestimentaire, alors que ce pull en était l'essence même ! Parfois, je passais à peine le seuil de la chambre de Ju que j'ouvrais déjà son placard pour enfiler ledit pull. 
Mais il était en laine vierge plutôt lourde et rêche, très proche d'un épais fil de coton (mais bien en laine, il sentait clairement le mouton !) et plutôt "frais" et estival.
Le mélange nouvellement acheté était, lui, très doudou, un peu "mousseux" et assez propice à un pull mi-saison. Sur le site de Phildar, il était associé au modèle Louise
Aimant les pulls à plastron ajouré, mon hésitation a été de courte durée.
 
Toutefois, je n'ai pas dit mon dernier mot, je ferai LE pull de ma vie (rien que ça) quand je trouverai le fil parfait.

pics by S.

29/05/2022

Lâchez-nous l'utérus !


Oui, j'ai avorté.
Non, ce n'est pas un secret.
Oui, c'est assumé.
Non, je ne l'ai jamais regretté.
Oui, je l'ai décidé.
Non, je n'ai pas à m'en cacher.
Oui, si c'était à refaire je le referais.
Non, ça n'a pas été facile.
Mais, pas si difficile.
Oui, j'ai usé d'un de mes droits.
Oui, ça a été un tournant dans ma vie.
Oui, depuis, je me bats auprès de mes élèves (et collègues...) pour faire comprendre qu'on a le choix !
Qu'on peut ne pas avoir envie.
Qu'on peut se tromper.
Qu'on peut changer d'avis.
Qu'on peut ne pas tout maîtriser. (pardon mais le latex qui craque, c'est notre faute aussi ?!?)
Qu'on n'a pas à subir les conséquences d'actes auxquels on n'a pas consenti.
Que non, ce n'est pas un crime.
Que, sincèrement, je désolée pour les gens qui veulent des enfants mais n'y arrivent pas, sauf que ce n'est pas une raison pour que les autres en fassent. Ni pour que je m'excuse de ne pas en vouloir.
Oui "pas d'utérus pas d'avis" c'est violent, mais la grossesse non voulue aussi c'est violent. La parentalité forcée aussi c'est violent.
J'en ai un peu marre de gueuler, me répéter et me justifier (étrangement, auprès de collègues sans utérus-cis-hétéros) alors pour changer, j'ai brodé !
 
pic by S.

Affiche Meuf Paris
© Fiona Schmidt pour le titre

07/10/2020

Put your arms around me

Quand j'ai démarré cette broderie d'après le tuto de Caro Tricote, je n'étais pas sûre de faire le dessin original.
Il s'intitule "tatoue-moi" mais je ne voyais pas les fleurs tatouées sur le dos, je bloquais sur la main. 
Cette main sur l'épaule.
Ce geste que je fais assez souvent, me serrer moi-même dans mes bras. 
Parce que j'aime ça, les embrassades, au sens premier : l'étreinte. 
Ce geste simple mais plus que rarissime ces derniers temps et qui me manque atrocement...
 
  
 





21/08/2020

Help yourself

Ceux qui me connaissent dans la vraie vie savent que je suis rarement -pour ne pas dire jamais- contente ni fière de ce que je fais.
C'est valable pour le boulot, la danse, la course à pieds, mes velléités d'escalade, et bien sûr le tricot et la couture.
Certains parlent de perfectionnisme, d'autres simplement -je cite- de connerie.
Peu importe ce qu'on en dit, et quelles qu'en soient les causes (diverses, mais ne versons pas dans la psychologie de comptoir), je manque cruellement de "self-esteem"... [je préfère le mot anglais qui regroupe tout à la fois la confiance et/ou l'estime de soi ainsi que l'amour-propre]

Et bien une fois n'est pas coutume, sonnez trompettes, roulez tambours : je suis fière !!! Si si !
Mon premier vrai pantalon !
Il s'agit du modèle "Port" de Pauline Alice.
Repéré sur le net je ne sais plus où, je m'étais dit qu'il correspondait pas mal à une des coupes du commerce que je porte souvent.
Je me suis d'abord fait la main sur le pantalon Gaston (dans un style totalement différent), et j'ai testé la version short (mais cet essai n'était que moyennement concluant).
Et puis je suis tombée par hasard sur un denim hyper léger chez Brin de Cousette, d'une couleur assez peu habituelle dans mon dressing, mais quitte à prendre des risques, autant y aller franco !
J'ai d'abord cousu ma taille habituelle, mais j'ai dû pas mal reprendre l'aisance au niveau de la fourche et des côtés.
Si je le refais, je prendrai la taille en-dessous, mais en élargissant au niveau des mollets. Le tissu étant plutôt estival, je ne le porte que retroussé, donc pour cette version, ce n'est pas grave si les bas sont un peu serrés.
J'ai essayé de faire au mieux pour bien l'ajuster (même s'il est peut-être encore un peu large à la taille).
Il est hyper agréable à porter et va parfaitement avec mes éternels tee-shirts noirs ou blancs ou mes dernières blouses en broderie anglaise !
Encore une pièce que j'ai beaucoup mise cet été.


  
pics by GilMa

05/07/2020

Bizarre bizarre

Les réseaux sociaux, c'est le truc insupportable parce qu'empli de fake news, théories du complot, pubs ciblées, ou autres photos retouchées qui te font te sentir bien nulle puisque tu es trop ci ou pas assez ça...
Mais parfois ça peut être chouette, quand ça te fait découvrir de nouvelles lectures, quand tu tombes sur de belles personnes engagées ou quand ça te permet de retrouver une vieille copine du collège !
Et c'est vraiment super cool, quand ladite vieille copine trouve que tu bosses pas si mal de tes dix doigts et te commande une jupe après avoir vu l'une des tiennes !



Patron "Justine" de Ready To Sew
Tissu "Sparkle Tangerine" et boutons assortis de chez Atelier Brunette

21/05/2020

Coffee & TV

J'ai déjà parlé de mes obsessions, que je n'assume pas toujours, mais qui ont le mérite d'être temporaires.
Problème, j'ai aussi de vraies addictions...
Sans ordre de dépendance : la lecture, les clopes, le chocolat et le café.
La lecture a tendance à accentuer mon côté "ours", et j'ai bien conscience de l'enjeu sanitaire des clopes et du chocolat, donc j'essaie d'être attentive à la maîtrise -relative- de ces trois là.

Le café, c'est autre chose...

J'aime tout dans le café !
L'allongé du matin, le ristretto de 11h, le petit coup de fouet de sa caféine, le rituel de sa préparation, les machines dans lesquelles on le fait, son odeur, son goût (nature ou dans une glace : l'addiction a commencé par là), le siroter bien serré au comptoir ou frappé sur une plage, le déguster quand on a trop mangé, lui associer une cigarette ou un carré de chocolat (combo !), le boire au soleil avec un bouquin (autre combo !), la sociabilisation qui peut l'accompagner... Bref, j'aime le café.

La broderie étant en passe de devenir une autre addiction, je me suis dis que j'allais les associer.

plateau Mr & Mrs Clynk

10/05/2020

My hug

Un tee-shirt blanc attendait d'être brodé.
J'hésitais... j'avais mille envies, et finalement aucune.

Et puis une épiphanie.
S. s'est fait tatouer il y a peu, un très beau dessin de Patricia Shim.
J'ai eu envie de broder ce dessin.
Il a une symbolique pour elle, il en a une pour moi.

D'habitude c'est elle qui porte un peu de moi avec les quelques jupes, broches, headbands ou autres BO que je lui confectionne.
Cette fois ce sera l'inverse, et c'est moi qui porterai un peu d'elle.


Sur le dessin original et le tatouage, le cercle rouge et les oiseaux sont pleins, mais je n'en ai brodé que les contours, le tee-shirt en lin n'étant pas ce qu'il y a de plus simple à travailler au vu de sa finesse...

18/04/2020

Viens je t'emmène

Le Gang des Couturières Blogueuses a encore frappé : thème d'avril, les espaces-ateliers.
Il fallait que je range le mien pendant les vacances, j'ai donc fait d'une pierre deux coups : le remettre en ordre et vous le présenter.

J'ai la chance, dans Paris, d'avoir un bureau. Rien qu'à moi ! (dans la continuité de ma chambre, en face de la fameuse porte dont je parlais il y a quelques temps)
C'est cette pièce, je crois, qui m'a fait choisir l'appart.
Elle me semblait un peu magique... Petite, sans chauffage, avec une fenêtre qui prend l'eau et un plafond qui tombe en morceaux, certes, mais avec une cheminée, du beau parquet et surtout elle est cachée !

Avant rangement... (le bordel a été déplacé hors champ : sur mon bureau, à droite ou sous la table !)

Quand j'ai emménagé, je ne cousais pas encore. C'était donc exclusivement un espace de travail : tous mes cours, mes bouquins, les manuels, l'administratif, etc.  
Bon, OK, il n'y avait pas que du boulot : cartons de photos, boites de vieilles lettres, un peu de matos de bijouterie...

Peu après avoir acheté ma machine, je me suis fabriqué une petite table rabattable (au cas où, on ne sait jamais...), inspirée du modèle suédois qui se trouve dans ma cuisine.
Le seul mur pour la fixer était celui qui tourne le dos à la fenêtre...
La pièce étant exposée Sud-Ouest, la lumière est belle et chaleureuse. C'est très chouette, en fin de journée, pour corriger des copies.
Pour coudre en revanche, la lumière dans le dos -si jolie soit elle, c'est pas top. J'ai donc deux lampes : celle du bureau que je réoriente et une spéciale "atelier".


A gauche de la petite table, la bibliothèque -moche, mais elle a le mérite d'exister- a été réorganisée pour qu'il n'y ait plus de "vrai" travail.


S'y trouvent donc :
- les patrons et bouquins ;
- la réserve de thermocollant (cachée dans un joli sac en kraft) ;
- les plus grosses pièces de cuir (dans un sac itou) ;
- une travailleuse en métal avec les pressions/élastiques/zips ;
- deux boites en carton, l'une contenant quelques boutons, l'autre des chutes de cuirs ;
- un mini-meuble en bois à tiroirs avec aiguilles à main/règle à ourlet/biais/passepoils/épingles-doubles.



Y sont rangés aussi les grands coupons : depuis le dernier tri, ordonnés par saison et par couleurs.
J'ai peu de stock. Soit j'achète au coup de cœur et imagine le projet après, soit -à l'inverse- j'achète exprès de quoi faire l'idée qui me trotte en tête.
[En ces temps confinés, mon stock me paraît bien maigre, et je trépigne au vu de toutes les envies que j'ai...]


Au-dessus de la table, trois étagères : tout en haut, celle pour le matos de tricot/broderie ; au plus près de la table, celle avec plusieurs boites contenant les stocks de fils/épingles/étiquettes/canettes.




L'étagère du milieu est occupée par les petits coupons de créateurs ou Liberty. C'est un peu bête de les laisser là, puisqu'ils sont directement exposés à mon fameux soleil de l'après-midi, pas idéal pour la conservation des couleurs, mais j'aime bien les avoir sous le nez...



Sur la table : j'ai ajouté deux porte-bobines fabriqués par mes soins (ils vieillissent mal, il va falloir que je les refasse ou les change), fixé un rack à ciseaux/équerres/règles et mis un pot à crayons. (où se trouvent mes cranteurs, ne me demandez pas pourquoi ils ne sont pas sur le rack !)


Je disais plus haut que j'avais construit une table rabattable : en réalité, elle est toujours ouverte et ma MAC (Brother Innovis-10) toujours dessus.
Si un jour je me décide à jeter mes vieux cours de fac qui ne me servent plus ou si jamais je déménage à la campagne, je craquerai enfin pour une surjeteuse. Pour le moment je résiste, faute de place, et parce que, n'ayant pas un rendement de dingue concernant les fringues, je n'en ai pas de réel besoin.

Je découpe le plus souvent par terre, ma table étant trop petite et mon bureau généralement trop encombré par mon ordi, diverses copies, carnets, bouquins...

Il y a quelques années, j'en ai changé -de bureau, pour avoir un plan de travail plus grand et plus de rangements. J'ai désormais plus de place pour bosser, mais aussi pour entasser !
Ce qui était un meuble strictement professionnel se retrouve peu à peu envahi : un doudou à finir, des croquis, un projet à photographier, une broderie qui traine...
Quant aux fameux rangements, les tiroirs les plus proches du "coin" couture sont consacrés aux chutes, à la ouatine, au tissu-éponge... (et à la bijouterie !)



Et comme ce n'est pas suffisant, j'ai acheté une belle panière en osier où s'empilent des projets (plus ou moins vieux) mis de côté, les fins de pelotes de laine... un beau fatras que j'ai du mal à trier !
Mes en-cours tricots sont, eux, dans une autre belle panière -en métal cette fois- dans le salon, puisque c'est là que je tricote le plus souvent.



Quant à Germaine, mon mannequin, elle est juste à la sortie de mon bureau/atelier, dans ma chambre ! (et vu mon niveau, c'est plus un objet de déco qu'un outil...)


Derrière la porte en revanche, se trouve ma planche à repasser que j'installe dans ma chambre (à droite donc) face à la fenêtre. Elle me sert parfois de table à découper aussi...

Voilà, j'ai -presque- fait le tour !

Si tu veux visiter les ateliers des fondatrices du GCB :
- Clothilde (@couture_and_clo)
- Élodie (@elodieblueberry)
- Jessica (@lavieennoeuds)
- Maëlig (@defiledidees)
- Muriel (@destoilesetdespois)
- Nathalie (@atelier292.be)
- Rebecca (@mars_elle_fabrics)

Personnellement, j'ai un gros coup de cœur pour les espaces d'Anne (@annouchk) et Emilie (@mggplusplus).

07/04/2020

En cuisine avec Kafka

Point de broderie aujourd'hui, ni de point de riz.
On va parler bibliothèque et enfermement.
Rien à voir avec les travaux d'aiguilles, nous sommes d'accord, mais j'ai envie d'écrire et non de faire...
Et puis si tu me suis un peu, tu sais que les bouquins et moi, c'est une grande histoire.




Quand le blog The Archivists a lancé le hashtag  #bibliothequedeconfinement  j'y ai vu une occasion parfaite d'allier plusieurs choses que j'aime : la photo, la lecture, le bricolage, la déco... Et donc de montrer une réalisation qui m'est chère : ma bibliothèque !


Cette bibli, je l'ai imaginée, pensée, dessinée.
Mon coloc avait même fait une modélisation 3D !
Puis, on a mesuré, découpé, poncé, vissé, sous-couché ou lasuré... Et assemblé.
A la base, les cubes étaient censés être modulables.
Inutile de dire que quand ils ont été remplis, ils n'ont plus jamais bougé !


A chaque cube son remplissage : romans francophones, polars, romans anglophones, BD, "à lire", les VO (surtout en italien) et les inclassables [où François Morel côtoie Fabcaro, Pierre Dac et Robert Benchley. Desproges ayant son autel particulier]...
Évidemment, en dix ans, elle est devenue "double-épaisseur" malgré mes tris réguliers, et s'est même étendue au parquet...



S'ajoutent plein de merdouilles de déco, qui se succèdent...  ou qui restent.
En ce moment, il y a les indétrônables : mon combi Lego d'amour, Big Ben -toujours en Lego-, la Tour de Pise -en Nanoblock cette fois.
Un petit globe tripode des années 50 déniché sur la toile, une baleine en bois d'une mignonnerie absolue...
C'est comme une espèce de concentré de moi cette bibli.




En ces temps de réalité dystopique, j'ai du mal à lire, ou à créer.
Je me sens comme figée.
Je peine à m'évader en restant confinée. Alors j'observe.
J'ai beau connaître mon appart par cœur, certains détails me fascinent encore.
Le jeu d'un rai de lumière sur un miroir, le balancement d'un mobile, l'ombre d'une plante...
Je prends quelques photos.
Moi qui ai toujours aimé photographier des éléments inertes, je suis servie.
J'ai posté quelques clichés sur IG, mais rien de fou, et ça me semblait loin du sujet initial de la page.

Je reste hors-sujet avec cette bibli, mais je passe du temps à ses côtés.
A regarder les tranches, jouer avec les objets, essayer d'enfin choisir un titre...
Et me dire que je reconstruirais bien un truc !

26/03/2020

Paroles

Il y a quelques temps, je montrais ici un projet déco réalisé pour ma chambre.
Depuis un moment déjà, je vous bassine avec le travail d'Aude (oui oui, je l'appelle Aude comme si je la connaissais !) : non seulement j'aime ses dessins -que je reproduis allègrement grâce à son livre et ses kits- mais j'aime aussi beaucoup son travail sur les mots.
Cela m'avait inspirée pour la touche de Bashung sur mon mur.

Sur ce mur, ou ailleurs, je voulais du Prévert.

J'aime Prévert.
Pour sa beauté, sa concision, son absurdité.
Pour "Je suis comme je suis".
Pour son travail avec mon si cher Miró.
Pour "Les paris stupides".
Pour sa clope au coin du bec. 
Pour son engagement.
Pour Barbara et la pluie sur Brest.
Pour ces moments où, gamine, ma mère -la vraie- me le lisait pour m'endormir.
Pour ce Folio qu'elle avait acheté cinq francs en 1975 et qui depuis presque vingt-quatre ans m'accompagne.
Et puis, pour...
Et aussi...
Et pour "Paris at night".
Maman me le lisait.
Moi-même j'ai osé le lire à un amoureux, a long time ago.
Ces fameuses trois allumettes...